Scandale chez les élus : « La Municipalité de St. Catharines, dans le Sud de l’Ontario, demande à ses pompiers de se rhabiller sur les photos de leur calendrier annuel, sans quoi elle cessera de soutenir cette initiative de collecte de fonds ». (La Presse 14 février 2020).

– Pourquoi le Nu artistique dérange-t-il tant chez les « bien-pensants » ?

Depuis 25 ans l’objectif du calendrier « Nos pompiers, nos héros » est d’amasser des fonds pour les grands brûlés du Québec. Les pompiers sont principalement entraînés à combattre le feu, ils se doivent d’être en très grande forme physique et psychologique. Leur travail est rempli de défis et… d’altruisme.

Ils posent devant l’objectif sans complexe, ils sont musclés, ont un regard droit, sont fiers et souriants. Ils dégagent de la puissance. Ils expriment la beauté du corps.

Jusqu’à ce jour, personne n’avait porté plainte à propos de la semi-nudité de ces hommes. Le directeur de la ville de St. Catharines explique son interdiction : « Il a réfléchi sur cette question quand un employé de la Ville s’est plaint d’un calendrier représentant des femmes partiellement déshabillées, qui a été affiché dans un établissement municipal. Il a alors estimé qu’il fallait sévir contre les images de personnes dénudées, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes. »

– Changer les mentalités plutôt que sévir.

Depuis quelques années on assiste à un vent de renouveau. Connu pour ses clichés osés, le calendrier des pneus Pirelli déploie désormais un hymne à la beauté naturelle et à l’intellectuel de la femme. Une petite révolution qui casse les stéréotypes du mannequin filiforme sexy.

Certains groupes de femmes n’hésitent pas à offrir une alternative à tous les calendriers de femmes sexy qu’on peut trouver sur le marché, et mettent de l’avant

« une femme-sujet plutôt qu’une femme-objet » comme le calendrier Être, qui vise à faire contrepoids aux calendriers mettant en scène des femmes aux tenues légères.

Se mettre nue brise les tabous, et la nudité peut être aussi utilisée comme forme de résistance. En 2011 la blogueuse Égyptienne militante et féministe Alia Magda Edmahdy a posé nue pour protester contre les salafistes et la société islamique en général.

Le Nu est un thème majeur dans l’histoire de l’art. Il a toujours eu ses détracteurs.

Au XVIe siècle pendant que Velasquez peignait « Sa Vénus au miroir » le philosophe Francis Bacon déclarait la nudité « inconvenante ». Les nazis eux, parlaient du Nu comme d’un art dégénéré.

En sommes-nous à parler encore ainsi à cette étape scientifique de notre civilisation ?

– Les Religions et la nudité

Afin d’interdire la nudité, on ne regarde pas le Nu comme un art ! Non. On s’empresse d’y mettre la religion en avant. Même que, pour certains pays, ceux qui défendent l’art du Nu sont traités comme des mécréants et seuls les autres sont considérés comme des croyants.

Photographe Béninois du Nu artistique, Erick Ahounou explique qu’en dehors de la période du ramadan les sénégalais sont nus. « Ils sont tenus de bien s’habiller le vendredi, mais les autres jours ils sont presque nus » alors pour lui la question est « pourquoi s’interroger sur l’inconvenance ou non du Nu ? »

« Se sentir obligé de cacher son corps est une insulte reposant sur cette aberration chrétienne que le corps, et surtout le sexe serait “sale” ou “mauvais”. Ne pas aimer son corps est une insulte à nos créateurs les ELOHIM, qui nous ont créés à leur image, y compris pour les parties sexuelles »

« Nous devons, au contraire, vénérer notre corps qui est le temple, où la conscience qui nous relie à l’infini se manifeste, à l’image des ELOHIM. La “pudeur” des catholiques est en vérité une insulte à leurs créateurs. »« les Royaumes Unis de Kama ». Parole de Raël janvier 2003 page 60**

 Pour ma part, quand on touche à l’art, j’appelle cela de l’inquisition pure et simple.

Au lieu d’écrire comme Molière dans « Tartuffe » en 1664 :

« Couvrez-moi ce sein que je ne saurais voir… cela fait venir de coupables pensées »,

J’énoncerais haut et fort

« Montrez-moi ces seins que j’aimerais tant embrasser

que je puisse au moins les contempler sur papier glacé »

 

Lyliane Jolly
Chroniqueuse Église Raélienne