La peur, objet de responsabilisation – Partie 2
(suite de La peur, objet d’infantilisation! – Partie 1)

Temps de lecture : 3 min

« Tu n’es pas responsable du programme que tu as reçu dans ton enfance. En revanche, une fois adulte, tu es 100 % responsable de sa mise à jour. » – Auteur inconnu

Qui ne connait pas l’expérience de Milgram?1 Même après 50 ans, l’expérience renouvelée2 présentait les mêmes résultats. Qu’a révélé cette expérience? Milgram a observé au moins deux éléments : 1) la conséquence à la soumission à l’autorité est la déresponsabilisation de l’individu; 2) peu de personnes ont les ressources intérieures pour résister à l’autorité.

Comme disait Jean-François Brient3, « … c’est la peur qui fait de nous des esclaves et qui nous maintient dans cette condition. » La peur de quoi? « … pour désobéir, il faut perdre la crainte infantile de ne pas être aimé, c’est-à-dire abandonné. » – Alejandro Jodorowsky4 … incluant d’autres peurs.5

Y a-t-il que l’option de désobéir? Ou plutôt de reconnaitre que nous sommes des êtres qui faisons des choix, prenons des décisions et qui devrions les assumer. « Ne cherchons pas d’excuses quand il nous arrive quelque chose. Quel que soit l’évènement qui nous affecte, nous sommes responsables de tout ce qui nous arrive. » – Raël6

Toutefois, la partie qui est la plus difficile à reconnaitre est celle d’assumer nos choix et nos décisions, même motivés par la peur. « Chaque homme est totalement responsable de ses actes et ne peut en aucun cas se retrancher derrière le fait qu’il n’agit que pour exécuter les ordres qui lui ont été donnés. » – Raël7

Il n’y a pas de honte à prendre une décision motivée par la peur en autant que cela soit reconnu et assumé. La question est davantage de savoir si par cette peur, je m’interdis de faire quelque chose que je voudrais faire ou que j’acquiesce à une règle/ordre avec lequel je ne suis pas en accord.  

Avoir à l’esprit que sa peur révèle où nous en sommes dans notre cheminement/maturité. Savoir de quoi notre peur est faite nous permettrait d’agir avec plus de lucidité. Nous pourrions juger d’une situation avec plus de clarté et de justesse puisqu’on ne se laisserait pas embrouiller par le langage pervers de l’autorité ou par notre discours interne.

Comment arrive-t-on à se désapeurer?  

Nous pouvons attendre que le changement vienne de l’autre ou que la situation disparaisse. Dans un cas comme dans l’autre, nous restons individuellement pris avec notre peur. L’autre option est d’agir sur soi… et oui ça change le monde! On appelle cela de l’auto-programmation. « L’auto-programmation c’est ce qui fait que nous pouvons apprendre à faire les choses différemment de ce que nous avons appris, et remettre constamment en question nos projets et nos modes de vie. » – Raël8

Dès que la peur s’installe, nous avons tendance à mettre en place les sûretés qui rassurent, mais qui ont le défaut de nous empêcher de vibrer à la vie et ainsi se donner la liberté de prendre le risque de penser et d’agir autrement. Confronter sa peur, c’est de la laisser être tout en questionnant de quoi elle est faite. Une fois comprise, parce qu’elle a du sens, nous pouvons choisir de nouvelles pensées, de nouvelles actions qui permettent d’estomper ou de supprimer cette peur. Ainsi nous augmentons nos ressources intérieures pour s’adapter à « la menace » en la transformant en opportunité d’épanouissement. Exemple, que faire de notre peur de la mort? Et si nous modifions nos pensées de peur par des pensées d’aimer la mort?9 Cette peur transformée fera-t-elle place à une zénitude?  

Cette nouvelle programmation, servie par la réflexion, est empreinte d’espoir parce qu’elle n’est aucunement fondée sur la dépendance ou la rébellion, mais sur la révolution.10 Être révolutionnaire implique une transformation qui commence par soi. Ce n’est pas un mouvement réactionnaire. C’est une démarche interne d’innovation, de créativité qui nous permet de se révéler à soi-même pour exprimer son unicité.

« Tout ce que vous avez voulu (être)11se trouve au-delà de votre peur. » – George Addair12

Rachel Bluteau
Chroniqueuse pour le Mouvement Raélien Canadien

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1 http://psyfact.e-monsite.com/blog/experiences-de-psychologie/l-experience-de-milgram.html
2 http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/2017-03-14/replication-experience-de-milgram
3 Brient J-F, 2007, de la servitude moderne – Le livre
4 Alejandro Jodorowsky, artiste franco-chilien; https://fr.wikipedia.org/wiki/Alejandro_Jodorowsky
5 Se référer à l’article La peur objet d’infantilisation
6 Raël, Paroles du Maitreya, de A à Z, Responsable, https://raelcanada.org/wp-content/uploads/2017/04/Maitraya_paroles-70-a.H.-FR.pdf, p. 90
7 https://raelcanada.org/wp-content/uploads/2017/04/Maitraya_paroles-70-a.H.-FR.pdf, p. 89
8 Raël, Oui au clonage humain, https://www.rael.org/eb/yes-to-human-cloning-french/, p.103
9 Raël, Aimer la mort pour arrêter d’en avoir peur, https://www.rael.org/fr/aimer-la-mort-pour-arreter-den-avoir-peur/
10 https://usito.usherbrooke.ca/d%C3%A9finitions/r%C3%A9volutionner
11 Ajouté par la chroniqueuse.
12 George Addair, humaniste, https://www.georgeaddair.com/ (lien en anglais)

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