Mai 68. Je n’avais pas 20 ans. A brûle-pourpoint, ma mère m’a demandé

« Le moment venu, m’aideras-tu à mourir vite et sans douleur ? »

Lyliane Jolly, Chroniqueuse pour l’Eglise Raëlienne

J’ignorais que je tiendrais ma promesse 50 ans plus tard pendant une autre révolte, celle des gilets jaunes.

Elle et moi savions que de ses 5 enfants j’étais celle à qui elle pouvait s’adresser.

J’étais « raëlienne » en devenir.

La mort, alors, ne faisait pas partie de mes pensées.

Raël n’avait pas encore dit : « On ne choisit pas de naître mais, on peut choisir de mourir. » Raël – Le Maitraya, p.171

Au fil des années, ces mots de Raël ont imprégnés mes cellules, mes pensées, ma façon de vivre.

Je ne me suis jamais demandé comment j’allais aider ma mère à mourir. La science l’a fait à ma place.

Elle a pu avoir, non l’aide à mourir, c’est encore interdit en France, mais, elle a eu droit à un apaisement par un sédatif. Cela, seulement parce que ses 5 enfants ont accepté de signer des documents à cet effet.

Le moment venu, seule avec elle, je lui ai tenue la main. Nous sommes restées ainsi sans parler. Je lui devais de rester sereine, sans crainte. J’ai fait le vide dans ma tête, une lumière dorée m’habitait et je sais que je chantonnais.

« L’infini est amour. Le meilleur moyen de ressentir l’Infini est de ressentir le maintenant ». Raël – Contact 393

Elle est décédée sereinement 3 jours plus tard.

N’ayant jamais pu choisir entre plusieurs religions, à sa demande, je lui ai organisé une cérémonie bouddhiste de chants et mantra Tibétains, moment plein de religiosité. Mes soeurs ont pris en charge une cérémonie à l’église catholique, avec chants et témoignages, sans prêtre  ni sermon. Elle n’en voulait pas.

Etre Raëlien, c’est aussi respecter la religion des autres.

Bon voyage vers l’infini, maman.

Lyliane Jolly

Chroniqueuse pour l’Eglise Raëlienne