L’ESSENTIEL INUTILE

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Dans cette soit disant crise sanitaire Covid, les exemples de décisions, plus que douteuses prises par nos gouvernants, foisonnent avec des conséquences ou bien tragiques ou faisant l’objet d’une saine dérision de la part de la population. Qu’une paire de gants se retrouve sur la liste des biens « non essentiels » alors que sévissent des températures hivernales, faut le faire! Le confinement et le déconfinement successifs ont inspiré les politiciens, élus démocratiquement faut-il le rappeler, qui s’en sont donné à cœur joie afin de déterminer ce qui est essentiel pour leurs sujets, et ce qui ne l’est pas! Et à ce titre, l’art et la culture se retrouvent bien loin sur la liste…

Le cinéaste, auteur, dessinateur de BD et taromancien Alejandro Jodorowsky, dans une entrevue accordée à France Culture(1), porte un regard incisif sur la situation : « La politique est la plus grande escroquerie de l’histoire de l’humanité, et maintenant, nous passons à la santé ». Déjà dans les années 70 avec ses films « El Topo » et « La Montagne Sacrée », Jodorowsky y allait d’une sérieuse remise en question de notre mode de vie et de la société de consommation. « Tout dans l’art est devenu une affaire. Il faut distinguer les arts : par exemple, le cinéma est l’art le plus populaire. C’est la plus prostituée des manifestations culturelles. On l’appelle même une industrie. Une industrie qui sert à nous amuser, pour passer le temps, pour rester tels que nous sommes, au même degré culturel confortable. »

Les véritables artistes, les créateurs, tels que Jodorowsky, ont toujours été à l’abri des modes, des tendances du moment, et conservent leur indépendance d’esprit afin de ne jamais confiner leur créativité pour ne pas la sacrifier sur l’Autel de l’argent et du profit. L’art, toujours selon Jodorowsky, doit servir des intérêts plus élevés : « Le but de l’art est le développement de la conscience et de la liberté. »(1)

Alors que nos libertés sont sérieusement compromises en ce moment pour cause de méchant virus, pas étonnant que l’art puisse être classé « inutile et non essentiel »! Toute crise représente une excellente opportunité de nous remettre en question, de redéfinir notre échelle de valeurs, de prendre du recul et de construire quelque chose de nouveau. Et de départager ce qui est vraiment essentiel de ce qui ne l’est pas : « L’art est qualifié d’inutile, mais il est terriblement utile. C’est ce qui est inutile qui peut changer la planète. L’amour c’est inutile, mais c’est terriblement utile. Le superflu est ce qui fait que l’humanité a un futur. L’art, l’amour, la fraternité, tout ce qui n’est pas dans les magasins, tout ce qui ne se vend pas et ne s’achète pas est utile. »(2)

Ces paroles de sagesse de Maitreya Raël sont aux antipodes de ce qui est véhiculé par les gouvernements et les médias en ce moment. Quand avons-nous entendu un politicien parler d’amour, de fraternité, d’art comme des besoins essentiels? Peut-on bâtir un monde, une société sur d’autres valeurs que la rentabilité et le profit? Une société libre où l’on reconnait la valeur intrinsèque de chaque être humain? Oui! Et cette société s’articule autour d’un projet politique révolutionnaire : le Paradisme!(3)

Comment pouvons-nous passer d’une société de consommation et de compétition à une société plus égalitaire où chacun trouvera sa place en pouvant exprimer tout son potentiel? Très simple : quand nous placerons l’art, l’amour et la fraternité en haut de notre liste des priorités, nous pourrons dès lors envisager des changements profonds et durables dans nos vies et pour l’ensemble de nos sociétés.

Jean Riendeau
Chroniqueur pour le Mouvement Raélien

(1) Alejandro Jodorowsky : “Maintenant que nous sommes menacés de mort, quelle merveille !”
(2) Raël – Contact 343
(3) Paradism.org