Lettre à Joey Aubé, député démissionnaire 
de la C.A.Q. (gouvernement en fonction)

 

Cher Monsieur Aubé,

Tout d’abord, merci pour le temps que vous accorderez à la lecture de cette lettre. J’espère de tout cœur, malgré sa longueur et le caractère délicat des idées qui sont traitées, que vous aurez la persévérance et la curiosité de la lire dans son entièreté.

J’ai récemment écouté, et avec beaucoup d’intérêt, l’entrevue https://www.facebook.com/watch/live/?v=289021382582480&ref=search que vous avez accordée le 9 mars dernier. J’ai été à la fois touché et enthousiasmé par votre franchise et votre bon sens – et je partage entièrement les raisons pour lesquelles vous avez démissionné en tant que membre exécutif de l’aile jeunesse de la CAQ. L’indépendance d’esprit et l’intégrité dont vous avez fait preuve vous honorent, d’autant plus que ce n’est apparemment pas un apanage dont disposent vos anciens collègues face aux dérives politiques de leur gouvernement. Je crois tout comme vous, je pense, que la situation sanitaire actuelle est devenue prétexte à une censure et à une gouvernance unilatérale inquiétante, maquillée de vertus, au nom du bien commun.

Je suis resté avec la forte impression que vous sentez bien ce qui se passe, Monsieur Aubé, lorsque vous avez dit et je vous cite : « … qu’on entre dans une nouvelle ère, un nouveau segment du 21e siècle. » Et pour aller dans ce sens, je vous soutiens tout à fait dans votre volonté manifeste à vouloir changer les vieilles façons de faire en politique afin de mieux répondre à cette nouvelle ère que vous et moi pressentons. Bien que la direction et l’envergure des changements que vous souhaiteriez apporter, Monsieur Aubé, ne soient pas pour l’instant clairement définies à mes yeux, je voudrais néanmoins attirer votre attention sur une problématique qui me semble passer inaperçue. Elle représente, je crois, un frein majeur au développement des sociétés. Une des solutions possibles à sa résolution nous conduirait à d’importantes remises en question.

Le système électoral démocratique actuel accorde à tous le « droit » de vote. Parmi l’électorat, un nombre appréciable de personnes, lors des élections, a très peu conscience des enjeux en cause. De plus, ce système permet également à des personnes quelque peu séniles, ou même accusant un déficit intellectuel, d’exercer ce « droit » ; ce qui est pour le moins discutable. Il en résulte que le vote de cette frange de la population annule le vote d’une autre frange de la population composée de ceux qui ont mûrement réfléchi leur décision ; consciente des conséquences à long terme de leur choix. Le résultat final est que les politiciens sont systématiquement élus par la portion de la population située entre ces deux franges et qui représente la majorité de l’électorat. Or, cette majorité ne vote généralement qu’en fonction de ses besoins immédiats — et c’est en fonction de ces besoins que les discours électoraux seront échafaudés, quel que soit le parti politique.

N’est-ce pas là une des raisons majeures qui explique que les idées et les solutions nouvelles sont si lentes à s’implanter ? D’où l’image bien à propos que vous avez utilisée, Monsieur Aubé, comparant la politique à un gros bateau lent à faire changer de direction. Mais en réalité, cette lenteur n’est-elle pas attribuable au confort que procure ce mode d’élection aux gouvernements élus ? Il ne leur impose qu’une gestion non contraignante des affaires publiques et des problèmes puisque pour conserver le pouvoir, ils n’ont qu’à se limiter à répondre au besoin de sécurité de cette majorité qui les élira à nouveau, si tout va bien. Ils n’ont que faire des idées innovantes que la minorité lucide pourrait promouvoir si nous n’avions pas un système électoral qui a comme principe que la voix de la majorité représente la voix de la raison ; d’où, peut-être, le désintéressement croissant de la population pour les urnes, constatant que ce « tournage en rond » ne change rien.

Compte tenu de cette analyse, ne vous semble-t-il pas, tout comme pour moi, Monsieur Aubé, que l’exercice du vote devrait être vu comme une « immense responsabilité » et non plus comme un « droit » acquis sur la base que chacun contribue à l’économie par ses impôts ? Donnerions-nous à n’importe qui le volant du véhicule à l’intérieur duquel nous nous trouvons uniquement parce que cette personne est majeure ? Pourrait-on songer à une forme de démocratie plus « sélective » des votants et des candidats pour réellement faire avancer la société là où elle devrait être et au bénéfice de tous ?

J’ai eu vent qu’il y a actuellement des groupes de recherches, réunis en réseaux sur Internet, qui se penchent sur la façon de mettre en application les principes que propose un nouveau système politique appelé « La Géniocratie » www.geniocracy.org, car la Géniocratie répond brillamment aux questions précédemment posées ainsi qu’à leurs nombreuses implications. Ces réseaux sont composés d’hommes et de femmes de tous milieux et du domaine scientifique, social, médical, politique, technologique, et autres qui nourrissent un objectif commun, changer les choses pour le bien sans aucune intention extrémiste. La Géniocratie, que j’ai voulu porter à votre connaissance, Monsieur Aubé, fait partie des nouveaux modèles de gouvernance que vous connaissez peut-être, qui sont en gestation et auxquels les populations seront inévitablement sensibilisées, car les gens en parleront de plus en plus. Le jour où ces idées recevront une écoute favorable, elles devront paradoxalement être adoptées démocratiquement. Pour l’instant, toutefois, il y a un vent qui souffle, annonciateur de cette nouvelle ère, c’est celui de l’exaspération concernant ces gouvernances qui obéissent à des agendas autres que le bonheur des populations qui ouvrent les yeux.

Je ne peux que souhaiter que vous ayez le temps de vous informer sur cette nouvelle vision politique et d’y puiser peut-être des idées qui feront leur chemin grâce à vous. Le « bon sens » que vous avez démontré lors de cette entrevue, Monsieur Aubé, et auquel fait référence la Géniocratie, à travers les principes qu’elle énonce, est une des grandes qualités qui seront recherchées chez les responsables politiques de demain. Je reconnais, au passage, des qualités similaires chez M. Éric Duhaime.

Sur ces mots, merci encore une fois de m’avoir lu, Monsieur Aubé, et je reste à votre disposition pour toutes questions ou demandes de votre part.

Sincèrement,

 

Martin Hétu,
Responsable des Communications pour le Mouvement Raélien Canadien
www.geniocracy.org
https://www.rael.org/fr/