Je joue de la guitare classique depuis l’âge de vingt ans et l’ai enseignée pendant plusieurs années. Je me suis évidemment toujours intéressé aux compétitions internationales en guitare qui présentent les meilleurs candidats avec comme résultat les premiers, deuxièmes et troisièmes prix. Aujourd’hui, à l’ère de l’informatique, nous pouvons voyager partout à travers le monde sur notre ordinateur pour connaître à fond le sujet qui nous intéresse. En ce qui me concerne, c’est précisément celui des guitaristes.

Ce qui est révélateur dans ce monde de la compétition en interprétation musicale, c’est justement tout ce qui favorise le développement de l’ego démesuré, d’être meilleur que les autres avec comme récompense un instrument de très haute qualité agrémenté d’un contrat d’enregistrement dans une maison de disque réputée pour lancer sa carrière. Seul le grand gagnant, le numéro un aura droit à ces privilèges. Dans un monde dominé par l’argent et la compétition avec les autres, chacun devient esclave dans cet univers où l’on doit faire sa place. Le poison de l’ego n’est pas seulement celui qui pousse quelqu’un à dépasser les autres, mais aussi celui qui devient ton propre ennemi en t’empêchant d’être dans l’instant, en étant centré sur toi-même avec un regard fanfaron et suffisant plutôt que d’être centré sur l’essence même de la musique. On peut le percevoir quand certains musiciens dessinent de grandes arabesques avec leurs bras dans les airs avant d’atteindre les touches de leur instrument. Des gestes inutiles puisque d’autres musiciens jouant les mêmes pièces peuvent exceller et être justement les meilleurs sans chercher à l’être, en étant totalement dans l’instant, sans gestes inutiles et superflus pour épater la galerie. Certains artistes interprètes peuvent être tellement imbus d’eux-mêmes qu’ils oublient l’essentiel qui est de faire revivre le génie d’un compositeur. Encore l’ego qui parle. Comment ne pas être interpellé par les paroles de Maitreya Raël lorsqu’il affirme : « Il n’y a pas de gagnant en conscience, mais des différences. » Un peu plus loin, il dit : « L’ego est le poison de la conscience. » Raël Academy COMPETITION

https://www.youtube.com/watch?v=L97ShxENrto&authuser=0 de 01:00 à 02:10

En 2020, plusieurs centaines de guitaristes classiques dans le monde peuvent prétendre avoir atteint la virtuosité incontournable pour jouer le répertoire qui requiert des compétences particulières, en autres dans de longues sonates et concertos. Il n’y a plus de quoi s’étonner. Chacun de ceux-là doit-il se pavaner en épatant la galerie ou simplement offrir son talent avec humilité comme un cadeau précieux où l’art prend tout son sens, celui d’apporter du plaisir aux autres.

Que ce soit en peinture, en littérature où en musique, notre belle planète pourrait devenir un lieu de plaisir perpétuel avec comme seul souci celui de donner aux autres et non de chercher à surpasser les autres.

 

Jean Renaud
Chroniqueur pour l’Église Raélienne
Octobre 2020