Dimanche soir, le 1er  décembre 2019, Guy. A Lepage recevait à l’émission Tout le monde en parle l’auteure Emma Becker pour parler de son livre «La Maison»  paru chez Flammarion cette année. Cette écrivaine, d’une lucidité exceptionnelle, expliquait le cheminement qu’elle avait parcouru en tant que prostituée pour comprendre le travail de ces femmes qui ne deviennent  pas obligatoirement  des victimes sous le joug des hommes selon le modèle patriarcal que l’on projette dans notre société actuelle. Bien sûr, elle ne niait pas qu’il existe une forme d’exploitation dans la prostitution, mais il n’y a pas que ça et certaines femmes choisissent délibérément ce métier tout en gardant un équilibre professionnel comme dans n’importe quel autre travail.

Certains invités de l’émission se scandalisaient à l’idée de comparer la prostitution à l’exemple du travail en usine donné par Emma Becker. Pourtant, quelle différence y a-t-il entre le travailleur qui offre ses services à une entreprise et une prostituée ? Les deux donnent quelque chose en échange  d’une rémunération. Dans son merveilleux ouvrage, « La Géniocratie », p 79, Maitreya Raël nous dit très clairement : « Les ouvriers qui sont huit heures par jour derrière une machine et les employés qui noircissent du papier durant le même temps regardent avec une moue méprisante les prostituées, et il n’y a pourtant pas une grande différence entre eux. »

Louer son esprit ou louer  son corps à quelqu’un d’autre ? Voilà la question à se poser. Est-ce plus avilissant de louer son corps parce que la morale judéo-chrétienne en a décidé ainsi dans cette perception de la sexualité qui, prétendument, est réservée pour la procréation et l’amour conjugal ? Bien sûr, dans un monde idéal, cette espèce de troc pour obtenir du plaisir ne pourrait plus exister. Un monde où le travail n’aurait plus de raison d’être, un paradis où l’amour règnerait  partout sur la terre. Mais certains diront que le besoin des hommes, plus précisément  d’assouvir des fantasmes débordants, ne disparaîtra jamais. On ne peut percevoir d’autres issues que la prostitution pour pallier  ce problème. Pourtant, la solution existe ; elle se trouve dans le développement de la science.

Le jour n’est pas si loin où des robots conçus pour donner du plaisir feront partie du quotidien des humains. Certains scientifiques commencent déjà à l’entrevoir. Nous ne sommes évidemment qu’aux tous premiers balbutiements de la robotique qui est pour l’instant basée sur des composantes électroniques. Donc, libérer les humains du travail par l’utilisation des robots mécaniques n’est désormais plus impossible.

Lorsque nous parlons de louer son esprit ou son corps, la seule différence reste  pour l’un de permettre à quelqu’un d’autre de jouir du plaisir sexuel qu’il nous offre. Pour ce qui est du travail à l’usine ou au bureau, l’employeur jouit en quelque sorte du plaisir que son employé lui apporte pour faire fonctionner son entreprise. Cet employé loue son corps pour des travaux manuels ou son esprit pour du travail intellectuel. La seule différence reste encore une fois l’implication de la sexualité qui n’est, dans le cas qui nous intéresse, qu’une question de tabou et de morale.

Mais le jour viendra où cet échange d’un service qu’il soit sexuel ou autre contre rémunération devra disparaître grâce à la science, non à une science au service des armées qui engendre la souffrance, mais celle qui rend la vie plus confortable apportant plus de plaisir aux êtres humains. Pas besoin de payer pour l’obtenir; la prostitution et le travail seront de vieux dinosaures du passé dans la mémoire des générations futures.

Jean Renaud
Chroniqueur du Mouvement Raëlien